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Le Droit à l’Alimentation au Cameroun


Rapporteur Spécial des Nations Unies, Mr. Olivier de Schutter

Le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, M. Olivier de Schutter a effectué une mission au Cameroun du 16 au 23 juillet. A cette occasion, il a rencontré les organisations de la société civile pour discuter de leurs problèmes et obtenir des informations de première main sur les défis les plus urgents auxquels sont confrontées les populations sur le terrain. L’un des partenaires franciscains de FI au Cameroun, Frère Boniface Diezoumbé, a rencontré l’assistant du Rapporteur Spécial pour discuter des priorités à aborder lors de la visite de M. De Schutter. Il a fortement insisté sur l’urgence d’une visite par le Rapporteur dans la région du Grand Nord du pays où 81% des ménages ruraux vivent dans un état d’insécurité alimentaire. Des crises alimentaires, y compris les crises induites par le changement climatique, ont lieu tous les deux à quatre ans.

Le 17 juillet, l’expert consultant en agriculture M. Barabé Benjamin a rencontré le Rapporteur au nom de FI à Maroua, la capitale régionale de la région de l’Extrême Nord. Il a soumis un rapport rédigé par Frère Boniface qui expose les principales préoccupations des Franciscains quant au droit à l’alimentation. En ce qui concerne en particulier la Région du Grand Nord, le rapport fait état des facteurs contribuant à l’insécurité alimentaire. Une population en augmentation rapide, dépendant fortement de l’agriculture pour sa survie, et la survenance de fréquentes sécheresses constituent de graves menaces pour la sécurité alimentaire dans la région. L’Etat dispose de programmes pour remédier à la pénurie alimentaire mais les Franciscains sur le terrain jugent qu’ils sont insuffisamment appliqués et ne constituent pas une réponse satisfaisante à la situation.

« La volonté politique existe au Cameroun » déclare le Rapporteur Spécial. « Mais il existe des doutes sur la stratégie actuelle, en matière d’accès à l’alimentation, car nous nous demandons si elle est réellement adaptée aux besoin des populations pauvres. Des solutions existent. Des arbres captant l’azote adaptés aux conditions régionales pourraient produire du fourrage pour les éleveurs ; les techniques comme les mini-barrages et les barrières de pierre pourraient maximiser le captage des eaux de pluie lors des sécheresses ». Le Gouvernement pourrait appliquer une stratégie régionale conçue spécifiquement pour répondre aux besoins du Nord. « Mais pour que cela arrive, les autorités et les donateurs doivent s’engager à agir ».

FI travaille aussi avec les Franciscains sur le terrain sur la question du trafic d’êtres humains au Cameroun. Lors de la 20ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en juin, FI a prononcé une déclaration sur le délit d’enlèvement et la traite des mineurs, appelant le gouvernement du Cameroun à prendre des initiatives pour lutter contre cette pratique. FI et les Franciscains au Cameroun continueront à collaborer sur ces questions, en particulier pour préparer le prochain Examen Périodique Universel du Cameroun en mai 2013.