Franciscans International a accueilli le père Agostinho Matlavele OFM, du Mozambique, et Rodrick Hollands, militant et organisateur des Îles Salomon, afin qu’ils participent aux pré-sessions de l’Examen périodique universel (EPU) de leurs pays respectifs. Leur visite à Genève a été l’occasion de mettre en lumière une série de questions relatives aux droits humains identifiées par les Franciscains et d’autres partenaires locaux, qui avaient été précédemment soumises aux Nations Unies.
L’EPU est un mécanisme des Nations Unies par lequel les États examinent mutuellement leur bilan en matière de droits humains et formulent des suggestions pour améliorer les domaines préoccupants. À l’issue de ce processus, le pays examiné décide s’il accepte et met en œuvre ces suggestions. Celles-ci constituent à leur tour un outil précieux pour la société civile et les organisations confessionnelles qui travaillent sur le terrain, car elles fournissent des repères concrets pour mesurer les mesures prises par les autorités et les tenir responsables.
La société civile n’ayant que des possibilités limitées d’intervenir directement pendant l’examen par les États, UPR Infoorganise depuis 2012 des pré-sessions qui permettent de dialoguer directement avec les diplomates et les autres parties prenantes. Tout au long du processus de l’EPU, FI et ses partenaires au Mozambique et aux Îles Salomon attirent l’attention sur les questions suivantes :
Mozambique

« Nous souhaitons que la guerre prenne fin. C’est ce que le peuple dit à son gouvernement au Mozambique. Le même message devrait être transmis ici, au niveau international, aux Nations Unies. »
Principales préoccupations : déplacements internes, conflits violents, entreprises et droits humains
Une insurrection violente dans la province septentrionale de Cabo Delgado, alimentée par des inégalités socio-économiques de longue date, a laissé plus de 1,3 million de personnes dans le besoin d’une aide humanitaire. Plus de 600 000 personnes sont actuellement déplacées, dont beaucoup n’ont pas accès aux services de base, à des infrastructures adéquates et à des moyens de subsistance, et continuent d’être victimes de violences. Les Franciscains exhortent le gouvernement à adopter une approche coordonnée et multisectorielle qui donne la priorité à la protection et au soutien psychosocial des personnes déplacées à l’intérieur du pays, tout en garantissant à terme les conditions nécessaires à leur retour en toute sécurité.
Par ailleurs, les efforts de lutte contre le terrorisme menés par le gouvernement dans le nord du Mozambique ont donné lieu à de graves violations des droits humains par le personnel militaire et de sécurité. L’absence d’un système judiciaire opérationnel et de mécanismes de protection des victimes permet à ces violations de se produire en toute impunité. Dans son rapport EPU, FI souligne l’importance de garantir la responsabilité comme étape clé vers le rétablissement de la confiance avec les autorités.
Un facteur supplémentaire est la richesse en ressources naturelles de Cabo Delgado. Le conflit n’a guère dissuadé les entreprises transnationales, ce qui a conduit à des expulsions forcées de populations locales et à des indemnisations insuffisantes pour la perte de terres et de moyens de subsistance. L’armée a été accusée de privilégier la défense des projets d’extraction plutôt que la protection des civils. Les Franciscains demandent la suspension de tous les projets transnationaux susceptibles de contribuer au conflit et l’établissement de seuils clairs pour les projets futurs et en cours afin de garantir la prévention des violations graves des droits humains.
L’examen du Mozambique aura lieu le 5 mai 2026. Le rapport final sera adopté lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme en septembre 2026.
Îles Salomon

« Le changement climatique et les questions relatives aux droits humains sont des problèmes mondiaux qui ne peuvent être traités par une seule organisation de la société civile […] Ils nécessitent l’unité entre les différentes parties prenantes, la société civile et, bien sûr, le gouvernement. »
Principales préoccupations : exploitation forestière et minière, droits des femmes et des enfants, droit à un environnement sain
L’exploitation forestière industrielle aux Îles Salomon a affecté tous les aspects de la vie, avec la perte de plus de 240 000 hectares de couverture forestière depuis 2024. Un cadre réglementaire obsolète, qui ne reflète pas les réalités locales et ne contient pas de dispositions relatives au consentement libre, préalable et éclairé, a exclu les communautés locales du processus décisionnel et de l’indemnisation, tandis que les évaluations d’impact environnemental se sont révélées terriblement insuffisantes.
L’industrie minière en pleine expansion, facilitée en partie par la déforestation, génère des problèmes similaires. En réponse, les Franciscains demandent au gouvernement d’adopter immédiatement la dernière version du projet de loi sur les forêts, en attente depuis 2020 au bureau du procureur général, ainsi que le projet de loi sur les ressources minérales 2025, qui figure à l’ordre du jour législatif pour 2026.
L’impact sur l’alimentation et l’eau a été particulièrement grave. La pollution combinée à la déforestation a décimé l’agriculture locale, tandis que les barges de transport ont endommagé les récifs coralliens et les zones de pêche. Les espèces envahissantes, introduites par le biais des équipements importés, détruisent les cultures commerciales. De même, les sources d’eau ont été contaminées et bloquées, augmentant le risque de crues soudaines. Les Franciscains recommandent au gouvernement de renforcer le ministère de l’Environnement afin qu’il puisse mener des évaluations d’impact environnemental solides et efficaces. Les communautés déjà confrontées à la dégradation des sols devraient bénéficier d’une indemnisation et d’une formation aux nouvelles méthodes agricoles.
Enfin, les femmes et les jeunes filles sont victimes d’exploitation sexuelle et de traite des êtres humains, des filles âgées d’à peine 13 ans étant contraintes d’entretenir des relations avec des travailleurs étrangers. Lorsque ces derniers partent, les femmes sont confrontées à la stigmatisation et à la marginalisation. La situation est encore aggravée par l’afflux d’alcool, qui a entraîné une augmentation des cas de violence domestique. Les Franciscains demandent aux autorités de relever l’âge légal du mariage à 18 ans, de mettre en place un mécanisme de plainte au niveau provincial et de fournir un financement adéquat pour les services d’aide, de conseil et de réadaptation aux victimes.
L’examen des Îles Salomon aura lieu le 11 mai 2026. Le rapport final sera adopté lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme en septembre 2026.
Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi.