Les femmes et les filles continuent d’être exposées de manière disproportionnée à toute une série de violations des droits humains. Franciscans International a soulevé plusieurs cas de ce type lors de la 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations Unies, qui s’est tenue du 9 au 19 mars 2026 à New York. La session de cette année était axée sur l’accès à la justice, notamment par la promotion de systèmes juridiques inclusifs et équitables, l’élimination des lois, politiques et pratiques discriminatoires, et la lutte contre les obstacles structurels. Le premier jour de la session, des Conclusions concertées ont été adoptées, décrivant les mesures que les États doivent prendre. Romptant avec la tradition, celles-ci ont été adoptées par vote plutôt que par consensus, à la demande des États-Unis. 

FI, aux côtés de ses partenaires, s’est employée à mettre en avant les questions liées à l’accès à la justice en cas de violations des droits humains au cours de ces deux semaines. Dans le cadre du Groupe de travail des ONG sur l’exploitation minière, FI a contribué à l’organisation de l’événement parallèle en ligne intitulé « Generating Justice : Genocide, Ecocide, and Gender Justice » (Rendre justice : génocide, écocide et justice de genre), le 16 mars 2026. Cet événement a mis en évidence les risques élevés de dégradation de l’environnement et de violations des droits humains que présente le secteur extractif, ainsi que les répercussions disproportionnées qui pèsent souvent sur les femmes. Les entreprises, travaillant aux côtés et pour le compte des États, opèrent souvent en toute impunité, ce qui permet la poursuite des abus. 

L’événement s’est ouvert sur une intervention du secrétaire permanent à l’Environnement et au Changement climatique des Fidji, le Dr Sivendra Michael, qui a souligné l’importance d’un traité solide sur la pollution par les plastiques, couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques. Les Fidji, co-organisateurs de l’événement, ont joué un rôle de premier plan en matière de justice environnementale et climatique et ont proposé, en 2024, un amendement au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) visant à inclure le crime d’écocide, en collaboration avec le Vanuatu et les Samoa. D’autres intervenants ont évoqué des cas en Papouasie occidentale, aux États-Unis, au Myanmar et à Gaza afin de mettre en évidence le lien entre l’extractivisme, l’écocide et le génocide.

Le 16 mars, FI et le Réseau franciscain pour les migrants ont également coparrainé un deuxième événement organisé par le Réseau mésoaméricain des femmes, de la santé et des migrations (RMMSyM), consacré à l’examen de la violence à l’égard des femmes en déplacement en Mésoamérique. Cet événement a exploré des stratégies visant à garantir l’accès à la justice et à lutter contre, éradiquer et prévenir la violence de genre dans le contexte de la mobilité humaine au Salvador, au Guatemala, au Honduras et au Mexique. La discussion a également souligné comment des formes multiples et croisées de discrimination entravent l’accès des femmes à la justice. 

Parallèlement à ces événements officiels, FI a également participé à une veillée silencieuse pour la Palestine avec d’autres groupes.

Enfin, le 17 mars, le Groupe de travail des ONG sur l’exploitation minière a présenté une intervention orale, soutenue par FI. Cette déclaration a mis en lumière divers problèmes que nous avons documentés dans différents contextes concernant les impacts négatifs des activités extractives. Comme indiqué dans la déclaration, « les femmes doivent parcourir de plus longues distances pour accéder à l’eau potable, composer avec des cultures recouvertes de poussière et risquer d’être victimes de violences sexistes. La dépossession de terres, les expulsions forcées et le travail forcé compromettent la capacité des femmes à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Les femmes défenseuses de l’environnement et des droits humains qui s’opposent aux activités minières sont confrontées à des représailles, à l’intimidation, au harcèlement sexuel, voire au viol et à la mort. » 

Partout dans le monde, nous constatons que l’impunité prévaut sur la responsabilité – une norme inacceptable.

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi. 

Le Conseil des droits de l’homme se réunit pour sa 61e session du 23 février au 31 mars 2026. Vous trouverez ci-dessous toutes nos déclarations faites au cours de cette session, dès qu’elles seront disponibles. Nos interventions passées sont disponibles ici.


Point 6 : Examen périodique universel – Croatie (20 mars)

Franciscans International s’est félicité de l’acceptation des recommandations relatives à la mise en place de cadres formels et de mécanismes nationaux associant les acteurs de la société civile, ainsi qu’à la protection des droits humains des migrants. Nous avons exhorté le gouvernement à coopérer avec les acteurs de la société civile en vue de la mise en œuvre de ces recommandations. 

Déclaration complète (en anglais)

Point 6 : Examen périodique universel – Panama (18 mars)

Tout en nous félicitant que le Panama ait accepté 16 des 17 recommandations concernant la protection des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés, nous avons souligné que le défi consiste désormais à mettre effectivement en œuvre ces engagements sur le terrain, en particulier dans le contexte d’un « flux inverse » croissant vers le sud. Franciscans International a exhorté le gouvernement à garantir une approche de la migration et de la gouvernance des frontières fondée sur les droits humains.

Déclaration complète (en anglais)

Point 4 : Débat général – Mozambique (17 mars)

Les groupes armés ont continué de mener des attaques dans la province de Cabo Delgado, provoquant le déplacement d’un demi-million de personnes. La décision prise en janvier 2026 de reprendre l’extraction de gaz naturel liquéfié risque d’aggraver ces attaques. De plus, des organisations de la société civile ont fait état de graves violations des droits de l’homme liées à ce projet. Alors que le Mozambique se prépare à faire l’objet de son Examen périodique universel plus tard cette année, nous avons appelé tous les États membres à formuler des recommandations constructives, telles que l’adoption de mesures visant à s’attaquer aux causes profondes du conflit, y compris des mesures socio-économiques et politiques visant à remédier aux inégalités structurelles. 

Déclaration complète (en anglais)

Point 3 : Débat général – Indonésie (11 mars)

Plus de 42 000 hectares de forêt ont été défrichés pour le projet stratégique national de Merauke, en Papouasie du Sud, afin de cultiver du riz et de la canne à sucre. Fin 2025, les autorités ont reclassé 487 000 hectares supplémentaires en vue d’une nouvelle expansion, ce qui pourrait en faire le plus grand projet de déforestation au monde. Au-delà de ses dommages environnementaux, ce projet a déjà de graves répercussions sur les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la culture et le mode de vie des peuples autochtones de Papouasie. Dans une déclaration commune, nous avons exhorté le gouvernement à suspendre ce projet stratégique dans l’attente d’une évaluation environnementale complète et indépendante, et à adopter le projet de loi sur les peuples autochtones afin de garantir leur reconnaissance et leur protection. 

Déclaration complète (en anglais)

Point 3 : Dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur un environnement sain (9 mars)

Alors que nous nous trouvons dans un contexte de guerre croissante suite à l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, Franciscans International a souligné non seulement le coût humain du conflit, mais aussi les dommages intergénérationnels causés aux personnes et à l’environnement par la pollution et les substances toxiques générées par les militaires et leurs munitions. Tout en saluant les recommandations du Rapporteur spécial invitant les États à aligner leurs normes nationales de qualité de l’air sur les directives de l’Organisation mondiale de la santé, nous avons exprimé notre préoccupation quant au fait que la limite légale pour les polluants en Bosnie-Herzégovine reste supérieure à ces directives, une question que Franciscans International avait déjà soulevée lors de l’Examen périodique universel. 

Déclaration complète (en anglais)

Point 3 : Dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur le droit à un logement convenable – Guatemala (4 mars)

Les Guatémaltèques continuent de subir de profondes inégalités en matière d’accès à la terre et au logement, d’incertitude juridique quant aux droits fonciers et d’expulsions forcées récurrentes, tant judiciaires qu’extrajudiciaires. Dans une déclaration commune, Franciscans International a salué le rapport du Rapporteur spécial qui soulève ces réalités et leur impact disproportionné sur les peuples autochtones et les communautés paysannes. Nous avons exhorté le Conseil à demander au Guatemala de remédier de toute urgence à cette situation, notamment en instaurant un moratoire sur les expulsions, en luttant contre le racisme structurel et la discrimination à l’égard des peuples autochtones et en garantissant l’indépendance judiciaire. 

Déclaration complète (en espagnol)

Point 3 : Dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’homme (3 mars)

Aux Philippines, les défenseurs des droits de l’homme continuent d’exercer leur mission au péril de leur vie, les défenseuses autochtones étant particulièrement exposées. Plus généralement, la loi est systématiquement utilisée comme une arme contre les défenseurs afin de criminaliser toute dissidence légitime. Parallèlement, la responsabilité vis-à-vis des victimes de la « guerre contre la drogue » reste difficile à établir. Dans une déclaration commune, nous avons exhorté le gouvernement à adopter sans délai la loi sur la protection des défenseurs des droits humains, à garantir des enquêtes indépendantes, transparentes et rapides sur les cas d’exécutions extrajudiciaires, et à abolir immédiatement le Groupe de travail national pour mettre fin au conflit armé communiste local.

Déclaration complète (en anglais)

Table ronde sur les droits de l’homme et la culture de la paix (4 mars)

Les Franciscains se sont joints à Pax Christi et à d’autres organisations pour exprimer leur profonde préoccupation face aux conflits en cours dans le monde entier, en particulier les situations où l’injustice structurelle, l’exclusion et le déni des droits humains continuent d’alimenter les souffrances. Notant que les initiatives qualifiées d’« efforts de paix » ne s’attaquent qu’aux symptômes du conflit plutôt qu’à ses causes profondes, les organisations ont souligné que le multilatéralisme authentique reste essentiel pour relever ces défis mondiaux communs.

Déclaration complète (en anglais)

Point 2 : Débat général – Réforme des Nations unies (2 mars)

Dans une déclaration commune avec le Service international pour les droits de l’homme, nous avons exprimé notre inquiétude face à la crise de responsabilité, à la crise financière et à la crise de légitimité auxquelles est confronté le multilatéralisme en matière de droits humains. Afin de créer un système plus crédible, plus inclusif et plus juste, il est essentiel que les États garantissent un financement adéquat au pilier des droits humains de l’ONU, donnent au Conseil des droits de l’homme les moyens de lutter contre l’impunité et de mieux répondre aux crises, et continuent à défendre les droits humains en cette période de réforme de l’ONU.

Déclaration complète (en anglais)

Point 2 : Débat général – Madagascar (2 mars)

Le nouveau Gouvernement de Refondation de Madagascar, mis en place après une vague de manifestations menées par la génération Z, a annoncé des réformes visant à lutter contre la corruption, à garantir l’égalité d’accès aux services publics et à renforcer l’État de droit. Dans ce contexte, l’engagement auprès des mécanismes des Nations unies en matière de droits humains constitue une étape cruciale. Dans une déclaration commune, nous avons appelé le nouveau gouvernement à veiller à la mise en œuvre effective des recommandations relatives au changement climatique, aux migrations internes, au recours excessif à la détention préventive et à l’inclusion de la société civile, qui ont été formulées lors du dernier Examen périodique universel de Madagascar. 

Déclaration complète (en français)

Vignette : Photo ONU / Violaine Martin

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi. 

Lorsque le frère Agostinho Matlavele OFM s’exprime devant les Nations Unies (ONU), il transmet un message simple mais urgent : les habitants de Cabo Delgado veulent la paix, la dignité et être entendus. S’exprimant au nom de Franciscans International (FI) lors des pré-sessions de la société civile de l’Examen périodique universel (EPU) du Mozambique, un processus des Nations Unies dans le cadre duquel les États examinent mutuellement leurs bilans en matière de droits humains et proposent des améliorations concrètes, sa voix reflète à la fois une profonde spiritualité franciscaine et un engagement croissant en faveur de la défense des droits humains.

Né et élevé au Mozambique, frère Agostinho a une vocation qui prend racine dans son expérience vécue. « Venant d’un milieu pauvre, explique-t-il, il m’a été facile d’identifier ma foi à la pauvreté de Jésus et de saint François. » Pour lui, la vie franciscaine ne consiste pas seulement à renoncer aux richesses matérielles, mais aussi à choisir la proximité avec ceux qui souffrent et à défendre leur dignité lorsqu’elle est menacée.

Cette vocation l’a conduit à s’engager dans la défense des droits humains à l’échelle internationale, afin de veiller à ce que la réalité de Cabo Delgado ne soit pas oubliée dans les instances décisionnelles mondiales. Autrefois réputée pour sa beauté naturelle et ses ressources abondantes, Cabo Delgado est aujourd’hui largement associée aux conflits et aux déplacements de population. Les violences impliquant des groupes insurgés et les forces gouvernementales ont contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers, abandonnant les terres qui faisaient vivre leurs familles depuis des générations. À ce jour, plus d’un million de personnes dans le nord du Mozambique ont besoin d’aide humanitaire, dans un contexte marqué par l’insécurité et de graves pénuries de financement.

« Ce sont les communautés qui souffrent », explique le frère Agostinho. « Elles quittent leurs maisons pour échapper à la guerre, elles perdent leurs terres où elles cultivaient leur nourriture et elles sont réinstallées dans des endroits qu’elles ne connaissent pas. » Les pêcheurs ne peuvent plus pêcher. Les agriculteurs ne peuvent plus cultiver. De nombreuses familles déplacées vivent désormais dans des camps de réinstallation où les ressources sont rares et la sécurité reste incertaine.

Bien que le frère Agostinho ne soit pas basé à Cabo Delgado lui-même, son action est façonnée par une étroite collaboration avec les sœurs et les frères franciscains qui travaillent directement avec les communautés touchées. Depuis des années, les franciscains sur le terrain accompagnent les familles déplacées par la violence, apportent un soutien pastoral et humanitaire dans les camps de réinstallation et documentent les violations des droits humains. Ce travail collaboratif, associé à des ateliers préparatoires, des contributions et un engagement soutenu par l’intermédiaire de FI, a permis aux voix de Cabo Delgado de se faire entendre à Genève. Les témoignages partagés avec le frère Agostinho peu avant son voyage ont permis à son plaidoyer de refléter des réalités vécues plutôt que des abstractions.

Les femmes et les enfants, souligne-t-il, sont particulièrement vulnérables. « En situation de guerre, les hommes peuvent fuir plus facilement, mais les femmes et les enfants n’ont pas la même flexibilité. » Les rapports faisant état de violences sexuelles, d’exploitation et de disparitions d’enfants sont profondément troublants. Dans les sites de réinstallation, les femmes peuvent être victimes d’abus et de harcèlement lorsqu’elles tentent de trouver de la nourriture pour leur famille. « Nous entendons des témoignages selon lesquels les femmes souffrent simplement pour avoir quelque chose à manger », dit-il. « Cette vulnérabilité persiste même là où les gens sont censés être en sécurité. »

À l’ONU, le frère Agostinho a également fait part de ses préoccupations quant à la manière dont les projets d’extraction à grande échelle, en particulier dans le secteur gazier, aggravent le conflit à Cabo Delgado. Les communautés sont confrontées à un double déplacement, d’abord à cause de la violence, puis à cause de la réinstallation forcée liée au développement économique. Exclues de toute consultation significative et privées de leur part dans les bénéfices de ces projets, les familles perdent leurs terres ancestrales, qui sont au cœur de leur identité et de leur survie. « La terre est sacrée », explique-t-il. « Elle est transmise de génération en génération. Il est très difficile de dire aux gens de partir parce qu’il y a un projet. »

Dans le même temps, les forces de sécurité sont souvent déployées pour protéger les infrastructures commerciales plutôt que les populations civiles, exposant les communautés à des abus et aggravant le ressentiment. Dans de telles conditions, le développement extractif n’apporte pas la stabilité, mais aggrave les violations des droits humains et alimente davantage l’insécurité.

Son engagement auprès de Franciscans International a marqué un tournant dans la façon dont le frère Agostinho comprend sa mission franciscaine. « Avant, nous nous concentrions principalement sur la charité, en répondant aux besoins immédiats », réfléchit-il. « Avec ‘Franciscans International’, nous avons découvert le plaidoyer régional et international, en aidant les gens à revendiquer leurs droits. » C’est un travail qui demande de la patience et de la persévérance, car le changement par le biais des mécanismes internationaux ne se produit souvent qu’avec le temps. Pour lui, ce partenariat a comblé ce qui manquait au charisme franciscain au Mozambique.

En tant que coordinateur de la Commission OFM pour la justice, la paix et l’intégrité de la création (JPIC) au Mozambique, le frère Agostinho s’efforce de sensibiliser ses confrères et les jeunes générations au fait que la vie franciscaine n’est pas seulement spirituelle, mais aussi profondément engagée dans les réalités de l’injustice. « La justice et la paix sont le charisme franciscain en action », dit-il.

Prenant la parole lors des pré-sessions de l’EPU, il décrit cette expérience comme la lumière au bout du tunnel. « C’est tout ou rien », réfléchit-il. « Je dois parler et utiliser ces microphones, car ici, il y a de l’espoir. » Après son intervention, des diplomates l’ont approché pour en savoir plus sur le Mozambique. « Cela m’a montré que notre souffrance n’est pas invisible. »

Malgré la gravité de la situation, frère Agostinho reste ancré dans l’espoir. « En tant que chrétiens, nous devons toujours espérer », dit-il. « Au milieu du chaos, nous croyons que le mal n’aura pas le dernier mot. »

« Pour les habitants de Cabo Delgado, conclut-il, le message est simple : nous voulons la paix et nous voulons retrouver nos terres. » Grâce à la présence franciscaine à l’ONU, leur souffrance n’est plus réduite à de simples chiffres, mais entendue comme un appel à la conscience.

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi. 

Une sécheresse persistante dans le sud de Madagascar, où 85 % de la population dépend encore de l’agriculture, a plongé plus de 1,47 million de personnes dans l’insécurité alimentaire et l’extrême pauvreté. Les conditions de vie difficiles ont favorisé la migration vers le nord, créant des tensions entre les communautés déplacées et les communautés d’accueil. 

Madagascar étant le quatrième pays le plus vulnérable au changement climatique dans le monde, la dégradation de l’environnement et l’absence d’une politique globale pour faire face à cette nouvelle réalité aggravent encore la crise. 

Franciscans International s’est récemment rendu à Antananarivo pour organiser un atelier et une série de réunions avec la société civile et d’autres parties prenantes clés, telles que les missions diplomatiques et les représentants des Nations unies, dans le but de mettre en œuvre les recommandations pertinentes acceptées lors de l’Examen périodique universel de Madagascar en 2025. Cette initiative fait suite à une formation et à une mission d’enquête menées en 2024 par des membres de l’Ordre franciscain séculier auprès des communautés déplacées et des responsables locaux. Leurs conclusions ont servi de base à un rapport conjoint des parties prenantes rédigé par FI et à la participation de deux franciscains lors de la pré-session de l’EPU précédant l’examen de Madagascar, au cours de laquelle 80 % des recommandations franciscaines ont été prises en compte.

Cependant, depuis l’adoption du rapport, la situation politique à Madagascar a considérablement changé. Après les manifestations généralisées de septembre 2025 qui ont conduit à la destitution du président Rajoelina, un gouvernement de transition dirigé par le colonel Randrianirina s’est engagé à répondre aux principales revendications des manifestants de la génération Z, notamment le manque de services publics, la corruption endémique et la pauvreté.

Bien que l’on perçoive généralement un espace civique plus ouvert sous la nouvelle administration, aucune priorité spécifique n’a été accordée à la mise en œuvre des recommandations de l’EPU. Avec sept rapports nationaux en suspens auprès des organes conventionnels des Nations unies et l’institution nationale des droits de l’homme sans commissaires depuis juillet 2025, l’agenda des droits de l’homme ne semble pas être une priorité pour le nouveau gouvernement.

Dans ce contexte, une partie de l’atelier animé par FI s’est concentrée sur le renforcement des réseaux avec la société civile et les organisations confessionnelles, ainsi que sur le renforcement des capacités locales des Franciscains à s’approprier le processus de l’EPU. Dans le cadre de cette stratégie, les Franciscains séculiers prévoient une deuxième mission d’enquête à Mahajanga à la mi-2026 afin d’évaluer la mise en œuvre des recommandations acceptées de l’EPU et de fournir un retour d’information aux autorités. FI continuera à s’appuyer sur ces conclusions pour soulever la question de la situation des droits humains à Madagascar auprès des Nations unies, notamment par des interventions lors de la prochaine session du Conseil des droits de l’homme et du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi. 

Franciscans International a accueilli le père Agostinho Matlavele OFM, du Mozambique, et Rodrick Hollands, militant et organisateur des Îles Salomon, afin qu’ils participent aux pré-sessions de l’Examen périodique universel (EPU) de leurs pays respectifs. Leur visite à Genève a été l’occasion de mettre en lumière une série de questions relatives aux droits humains identifiées par les Franciscains et d’autres partenaires locaux, qui avaient été précédemment soumises aux Nations Unies.

L’EPU est un mécanisme des Nations Unies par lequel les États examinent mutuellement leur bilan en matière de droits humains et formulent des suggestions pour améliorer les domaines préoccupants. À l’issue de ce processus, le pays examiné décide s’il accepte et met en œuvre ces suggestions. Celles-ci constituent à leur tour un outil précieux pour la société civile et les organisations confessionnelles qui travaillent sur le terrain, car elles fournissent des repères concrets pour mesurer les mesures prises par les autorités et les tenir responsables.

La société civile n’ayant que des possibilités limitées d’intervenir directement pendant l’examen par les États, UPR Infoorganise depuis 2012 des pré-sessions qui permettent de dialoguer directement avec les diplomates et les autres parties prenantes. Tout au long du processus de l’EPU, FI et ses partenaires au Mozambique et aux Îles Salomon attirent l’attention sur les questions suivantes :

« Nous souhaitons que la guerre prenne fin. C’est ce que le peuple dit à son gouvernement au Mozambique. Le même message devrait être transmis ici, au niveau international, aux Nations Unies. »

Principales préoccupations : déplacements internes, conflits violents, entreprises et droits humains

Une insurrection violente dans la province septentrionale de Cabo Delgado, alimentée par des inégalités socio-économiques de longue date, a laissé plus de 1,3 million de personnes dans le besoin d’une aide humanitaire. Plus de 600 000 personnes sont actuellement déplacées, dont beaucoup n’ont pas accès aux services de base, à des infrastructures adéquates et à des moyens de subsistance, et continuent d’être victimes de violences. Les Franciscains exhortent le gouvernement à adopter une approche coordonnée et multisectorielle qui donne la priorité à la protection et au soutien psychosocial des personnes déplacées à l’intérieur du pays, tout en garantissant à terme les conditions nécessaires à leur retour en toute sécurité.

Par ailleurs, les efforts de lutte contre le terrorisme menés par le gouvernement dans le nord du Mozambique ont donné lieu à de graves violations des droits humains par le personnel militaire et de sécurité. L’absence d’un système judiciaire opérationnel et de mécanismes de protection des victimes permet à ces violations de se produire en toute impunité. Dans son rapport EPU, FI souligne l’importance de garantir la responsabilité comme étape clé vers le rétablissement de la confiance avec les autorités.

Un facteur supplémentaire est la richesse en ressources naturelles de Cabo Delgado. Le conflit n’a guère dissuadé les entreprises transnationales, ce qui a conduit à des expulsions forcées de populations locales et à des indemnisations insuffisantes pour la perte de terres et de moyens de subsistance. L’armée a été accusée de privilégier la défense des projets d’extraction plutôt que la protection des civils. Les Franciscains demandent la suspension de tous les projets transnationaux susceptibles de contribuer au conflit et l’établissement de seuils clairs pour les projets futurs et en cours afin de garantir la prévention des violations graves des droits humains. 

L’examen du Mozambique aura lieu le 5 mai 2026. Le rapport final sera adopté lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme en septembre 2026.

« Le changement climatique et les questions relatives aux droits humains sont des problèmes mondiaux qui ne peuvent être traités par une seule organisation de la société civile […] Ils nécessitent l’unité entre les différentes parties prenantes, la société civile et, bien sûr, le gouvernement. »

Principales préoccupations : exploitation forestière et minière, droits des femmes et des enfants, droit à un environnement sain

L’exploitation forestière industrielle aux Îles Salomon a affecté tous les aspects de la vie, avec la perte de plus de 240 000 hectares de couverture forestière depuis 2024. Un cadre réglementaire obsolète, qui ne reflète pas les réalités locales et ne contient pas de dispositions relatives au consentement libre, préalable et éclairé, a exclu les communautés locales du processus décisionnel et de l’indemnisation, tandis que les évaluations d’impact environnemental se sont révélées terriblement insuffisantes.

L’industrie minière en pleine expansion, facilitée en partie par la déforestation, génère des problèmes similaires. En réponse, les Franciscains demandent au gouvernement d’adopter immédiatement la dernière version du projet de loi sur les forêts, en attente depuis 2020 au bureau du procureur général, ainsi que le projet de loi sur les ressources minérales 2025, qui figure à l’ordre du jour législatif pour 2026.

L’impact sur l’alimentation et l’eau a été particulièrement grave. La pollution combinée à la déforestation a décimé l’agriculture locale, tandis que les barges de transport ont endommagé les récifs coralliens et les zones de pêche. Les espèces envahissantes, introduites par le biais des équipements importés, détruisent les cultures commerciales. De même, les sources d’eau ont été contaminées et bloquées, augmentant le risque de crues soudaines. Les Franciscains recommandent au gouvernement de renforcer le ministère de l’Environnement afin qu’il puisse mener des évaluations d’impact environnemental solides et efficaces. Les communautés déjà confrontées à la dégradation des sols devraient bénéficier d’une indemnisation et d’une formation aux nouvelles méthodes agricoles. 

Enfin, les femmes et les jeunes filles sont victimes d’exploitation sexuelle et de traite des êtres humains, des filles âgées d’à peine 13 ans étant contraintes d’entretenir des relations avec des travailleurs étrangers. Lorsque ces derniers partent, les femmes sont confrontées à la stigmatisation et à la marginalisation. La situation est encore aggravée par l’afflux d’alcool, qui a entraîné une augmentation des cas de violence domestique. Les Franciscains demandent aux autorités de relever l’âge légal du mariage à 18 ans, de mettre en place un mécanisme de plainte au niveau provincial et de fournir un financement adéquat pour les services d’aide, de conseil et de réadaptation aux victimes. 

L’examen des Îles Salomon aura lieu le 11 mai 2026. Le rapport final sera adopté lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme en septembre 2026.

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Franciscans International salue la publication d’un décret par le gouvernement sri-lankais annonçant sa décision d’augmenter le salaire journalier des travailleurs des plantations de thé à 1 750 roupies. Cette augmentation fait suite aux revendications des syndicats de travailleurs, soutenues par la société civile et des organisations confessionnelles, dont Franciscans. 

« Le salaire journalier des travailleurs des plantations de thé au Sri Lanka sera augmenté de 550 roupies. Cela devrait aider les travailleurs à subvenir à leurs besoins quotidiens après la flambée de l’inflation des produits de base due à la crise financière au Sri Lanka », déclare le père Patrick Perera OFM à Colombo. « Espérons qu’ils pourront désormais consacrer une partie de cet argent à d’autres besoins, tels que les soins de santé, le logement et l’éducation de leurs enfants. »

FI a déjà attiré l’attention sur les conditions de vie difficiles des travailleurs des plantations de thé au Sri Lanka auprès du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et du Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage. Les femmes et les filles sont particulièrement confrontées à de multiples défis, allant des salaires injustes à l’accès limité à l’éducation et aux services de santé. La crise économique prolongée a fait passer le taux de pauvreté à 24,5 % en 2024, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme signalant que les ménages dirigés par des femmes et les travailleurs des plantations sont parmi les plus touchés.

L’accès limité à la justice et l’impunité alimentent davantage l’exploitation et la violence sexiste. Un cas emblématique soulevé par FI lors de l’examen du Sri Lanka par le CEDAW en 2025 était celui d’une jeune femme qui a été agressée et violée en 2001 alors qu’elle se rendait à l’école du dimanche. Plus de deux décennies plus tard, après de longues procédures judiciaires et des retards, elle attend toujours le verdict final dans son affaire.

L’augmentation du salaire minimum journalier figurait parmi les recommandations faites par les Franciscains au gouvernement sri-lankais. FI continuera à plaider en faveur d’autres mesures urgentes visant à protéger la dignité des travailleurs des plantations, notamment l’amélioration de l’accès à l’éducation, le renforcement des capacités des agents chargés de l’application de la loi et la révision des droits fonciers afin que les travailleurs vivant à proximité des plantations puissent légalement devenir propriétaires de leur maison.

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La COP30 s’est achevée le 22 novembre, clôturant deux semaines de négociations qui ont réuni plus de 56 000 délégués à Belém, au Brésil. En cette année qui marque le 10^e anniversaire de l’Accord de Paris, de l’encyclique Laudato Si’ et le 800^e anniversaire du Cantique des créatures, Franciscans International a soutenu une importante délégation pour assister à la Conférence des Nations unies sur le climat. Vingt-quatre frères et sœurs, représentant toutes les branches de la famille franciscaine, ont pris part à des événements à l’intérieur et à l’extérieur du lieu de la COP30, partageant les préoccupations des communautés locales qu’ils représentent afin d’exiger des mesures climatiques plus fortes. 

Malgré un programme ambitieux fixé par la présidence brésilienne, la COP30 n’a finalement pas réussi à réaliser une percée dans la lutte contre le changement climatique. Présentée comme la « COP de la mise en œuvre », les négociateurs n’ont pas réussi à adopter la feuille de route envisagée pour éliminer progressivement les combustibles fossiles. Au contraire, l’engagement pris il y a deux ans lors de la COP28 à Dubaï en faveur de la transition vers l’abandon des combustibles fossiles continue d’être édulcoré sous la pression d’une coalition de pays producteurs de pétrole. 

« C’est une grande déception qui montre que les dirigeants politiques ne prennent pas au sérieux la crise climatique », a déclaré Budi Tjahjono, directeur du plaidoyer international de FI. « S’il est encourageant de voir que plus de 80 États envisagent leur propre initiative pour éliminer progressivement les combustibles fossiles, la COP30 n’a pas été à la hauteur de la situation. De même, si les délégués ont convenu d’une augmentation urgente du financement, ces engagements politiques doivent être concrétisés. Cependant, Belém a clairement montré une chose : partout dans le monde, les gens sont à bout de patience. » 

Faire avancer le débat

Sous l’impulsion des pays vulnérables au changement climatique et de la société civile, les efforts en faveur d’une action climatique plus forte se sont poursuivis. Dans le cadre de ces efforts, FI et la Fédération luthérienne mondiale (FLM) ont publié un nouveau rapport explorant les perspectives religieuses sur une transition juste, l’une des questions clés discutées lors de la COP30. S’appuyant sur les contributions des communautés en première ligne de la crise climatique, les organisations proposent que la transition juste ne soit pas abordée de manière restrictive comme un passage à une économie à faible émission de carbone, mais plutôt comme une transformation structurelle et systémique vers une société plus équitable, plus inclusive et plus verte. 

Tout au long de la conférence, FI a participé à plusieurs événements parallèles et conférences de presse afin de souligner la nécessité d’une transition véritablement juste et de fournir des recommandations aux négociateurs sur la voie à suivre. Cette recherche s’appuie également sur un rapport précédent sur les pertes et dommages non économiques publié par FI et LWF lors de la COP29 en Azerbaïdjan. Tirant parti des liens étroits que les deux organisations entretiennent avec les communautés locales, ce document permet de mieux comprendre les impacts liés au changement climatique qui ne peuvent être exprimés en valeur monétaire, tels que la destruction du patrimoine culturel ou la perte des connaissances traditionnelles.

Un mouvement mondial

En dehors du lieu de la COP30, la société civile a organisé une série d’événements afin d’offrir une tribune à ceux qui ne pouvaient pas participer aux négociations et d’explorer des solutions alternatives à la crise. Les membres de la délégation franciscaine ont participé aux dialogues interconfessionnels Talanoa et Tapiri, où ils ont rencontré des représentants de communautés autochtones, traditionnelles et marginalisées.

Ils ont également participé au Sommet des peuples, un forum animé par des mouvements populaires et sociaux qui a réuni 25 000 délégués, lesquels ont présenté leur manifeste au président de la COP30, André Corrêa do Lago. Le 15 novembre, les franciscains faisaient partie des 70 000 personnes qui ont défilé dans les rues de Belém lors de la plus grande manifestation mondiale en faveur de la justice climatique.

Les efforts de notre délégation ont complété d’autres initiatives émanant des Églises anglicane et catholique. La délégation a rencontré les cardinaux Fridolin Ambongo OFMCap, Felipe Neri et Jaime Spengler OFM, les trois signataires de l’appel à l’action lancé par les conférences épiscopales catholiques du Sud qui exigent, entre autres, le paiement de la dette écologique des nations industrialisées riches.

Quelle est la prochaine étape ?

Bien que la COP30 n’ait pas répondu à la plupart des attentes de la société civile et des États, la conférence de Belém n’est pas une fin en soi. Fort des liens tissés et des connaissances acquises, la famille franciscaine reste convaincue que la protection de la création n’est pas facultative et utilisera tous les moyens à sa disposition aux Nations unies et au niveau local pour plaider en faveur de politiques climatiques et environnementales plus strictes. Le chemin vers la COP31 commence dès aujourd’hui.

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi. 

Un refuge pendant le voyage 

Le long des routes migratoires du Panama, des familles arrivent épuisées, leurs enfants sur les épaules, à la recherche d’un refuge après avoir passé plusieurs jours dans la jungle du Darién. Dans la ville de David, les franciscains et d’autres organisations confessionnelles offrent un moment de repos, de la nourriture et un accompagnement à ceux qui n’ont nulle part où aller. Pour la plupart, ce voyage n’est pas un choix, mais un dernier recours, motivé par les conflits, les persécutions, la pauvreté et les effets croissants du changement climatique. 

En prévision de l’Examen périodique universel (EPU) du Panama en novembre 2025, Franciscans International, en collaboration avec le Réseau franciscain pour les migrants – Panama et d’autres organisations partenaires, a soumis un rapport alternatif conjoint documentant les graves violations des droits humains commises à l’encontre des migrants. Ces organisations font partie de l’Observatoire de la mobilité humaine dans le Darién et d’autres routes alternatives, un effort collectif qui surveille la situation des personnes en déplacement et défend leurs droits. Dans ce contexte, FI a participé activement aux pré-sessions de l’EPU pour le Panama, en promouvant les recommandations incluses dans la soumission conjointe.

Danger et déni de justice 

Le Darién Gap, une zone couvrant le sud du Panama et une partie de la Colombie, est devenu le reflet des défis migratoires des Amériques. Entre 2020 et 2022, les traversées ont augmenté de près de 4 000 %, atteignant un pic historique de 520 085 personnes ayant effectué la traversée rien qu’en 2023. 

Au lieu de trouver la sécurité, les migrants sont confrontés à de nouveaux dangers : vols, extorsions, enlèvements, disparitions et violences sexuelles sont fréquents. Médecins sans frontières (MSF) a signalé avoir aidé plus de 1 300 victimes de violences sexuelles entre avril 2021 et janvier 2024. Le nombre réel de victimes est probablement beaucoup plus élevé, car la peur et la stigmatisation poussent beaucoup d’entre elles à garder le silence. 

Ces risques sont encore plus grands pour les personnes déjà en situation de vulnérabilité, en particulier les femmes et les filles, qui sont touchées de manière disproportionnée par les violences sexuelles.  

L’accès à la justice reste difficile. Selon le médiateur du Panama, 88 % des crimes commis contre les migrants dans le Darién ne sont pas signalés en raison de la peur, du manque d’informations et de la méfiance. Même lorsque les cas sont signalés, la justice n’est pas garantie. Le cas de Jesús Vélez Loor, un migrant équatorien torturé pendant sa détention en 2002, illustre cette réalité. Malgré une décision rendue en 2010 par la Cour interaméricaine des droits de l’homme ordonnant au Panama d’enquêter et de rendre justice, l’affaire n’est toujours pas résolue.  

De la protection à la criminalisation 

Au lieu de renforcer les systèmes de protection, le Panama a réagi par des mesures punitives. Dans le cadre de l’« opération Controlled Flow », les migrants qui quittaient le Darién Gap étaient confinés dans des centres d’accueil pour migrants (ERM), que les experts de l’ONU et les organismes régionaux de défense des droits humains ont dénoncés comme étant de facto des centres de détention aux conditions inhumaines. Bien que ces centres aient été fermés début 2025, aucun autre système d’accueil ou de protection n’a été mis en place. 

En 2024, dans le but de freiner le passage des migrants par le Darién, le Panama a signé un accord avec les États-Unis qui a finalement aidé le gouvernement panaméen à expulser plus de 1 500 migrants dits « irréguliers ». En février 2025, le Panama a accepté d’accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis, malgré l’absence d’une évaluation complète et équitable de leurs demandes d’asile avant leur expulsion. Il s’agissait, par exemple, de ressortissants afghans, iraniens et chinois qui craignaient de manière crédible d’être persécutés dans leur pays d’origine.  

Le flux inverse 

Ces derniers mois, une nouvelle tendance est également apparue : des milliers de personnes, empêchées d’atteindre les États-Unis, retournent désormais vers le sud. Ce « flux inverse » a laissé de nombreuses personnes sans ressources, sans papiers et sans moyen de traverser en toute sécurité.  

Ces défaillances systémiques ont eu des conséquences dévastatrices pour les familles et les enfants en transit. « Les familles arrivent épuisées et traumatisées, pour être ensuite séparées. Si certaines peuvent bénéficier de programmes de retour, d’autres, en particulier les enfants sans papiers valides, se retrouvent piégées dans des conditions dangereuses », explique Vivian Cianca, psychologue bénévole au Franciscan Network for Migrants – Panama. 

Rien qu’en février 2025, plus de 2 000 personnes ont tenté de rentrer, souvent par des voies maritimes dangereuses. Certains bateaux ont chaviré, laissant les survivants traumatisés et les familles en deuil. 

Les réseaux franciscains et ecclésiastiques restent déterminés à fournir une assistance. Cependant, comme l’a fait remarquer Vivian : « L’absence d’une réponse globale de l’État fondée sur les droits humains, y compris la prise en charge des personnes en situation de retour, laisse la grande majorité dans un état de vulnérabilité. »  

Pourquoi est-ce important ? 

La crise migratoire au Panama reflète les tendances régionales et mondiales : les frontières sont de plus en plus militarisées, les migrants sont criminalisés et les organisations humanitaires sont confrontées à des restrictions croissantes. Les accords bilatéraux visant à contrôler les migrations, conclus sans transparence et sans clauses spécifiques de surveillance des droits humains, risquent de compromettre les normes internationales de protection.  

FI et ses partenaires ont mis à profit leur présence à l’ONU pour amplifier la voix des communautés locales. Leur soumission conjointe à l’EPU exhorte le Panama à :  

  • Adopter une approche des migrations fondée sur les droits humains. 
  • Mettre fin à la détention de facto et garantir des refuges dignes et ouverts. 
  • Garantir l’accès à la justice, en particulier pour les survivants de violences. 
  • Rendre l’asile accessible, équitable et efficace, y compris les permis de travail pour les demandeurs. 

Fort de cette dynamique, FI a facilité la mise en place de multiples plateformes permettant à la société civile de présenter des recommandations au nom des migrants, des demandeurs d’asile et des personnes en transit. Ces efforts ont permis aux organisations locales et aux États d’engager un dialogue constructif, transformant les réalités locales en actions concrètes de plaidoyer au niveau international. 

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi. 

En Croatie, la dégradation de l’environnement et les défis liés à la migration ont créé une crise de la dignité humaine. Des fosses d’incinération des déchets qui empoisonnent les communautés aux migrants pris entre la bureaucratie et l’indifférence, la vie quotidienne est marquée par l’injustice. Au cœur de ces luttes se trouve un frère franciscain qui refuse de détourner le regard.

Le frère Benjamin Milkovic OFM, qui travaille au Bureau Justice, Paix et Intégrité de la Création (JPIC) en Croatie, a porté les préoccupations des communautés touchées par la déréglementation environnementale et des migrants sur la scène internationale, en utilisant l’Examen périodique universel (EPU) de son pays à l’ONU comme plateforme. L’EPU est plus qu’un processus diplomatique ; c’est un moment où les appels de ceux qui ne sont pas entendus peuvent être amplifiés sur la scène mondiale.

Pouvez-vous nous parler de vous et des changements dont vous avez été témoin ?

J’ai grandi dans le petit village de Brestanovci, entouré de forêts qui semblaient infinies. Enfant, je me souviens avoir couru librement parmi les arbres, joué dans la nature, cela faisait partie de notre identité. Mais aujourd’hui, la plupart des forêts ont disparu. La déforestation et le brûlage illégal des déchets ont ravagé nos terres.

J’ai vu cela se produire année après année, ressentant la perte non seulement des terres, mais aussi du silence où les oiseaux chantaient et les enfants jouaient. Ce qui me fait le plus mal, c’est de savoir que les enfants qui grandissent aujourd’hui n’auront pas la même chance que moi d’être façonnés par la nature.

Vous avez parlé des déchets illégaux. Quels sont les problèmes dans ce domaine ?

Non loin de l’endroit où je vivais, une petite communauté a été profondément touchée par les fosses d’incinération des déchets : des zones ouvertes où les ordures sont brûlées sans aucune réglementation. L’odeur est insupportable. Les enfants et les familles sont touchés, et pourtant, il n’y a toujours pas d’amendes, pas de réglementation, en particulier pour les grandes entreprises. Le gouvernement détourne le regard.

J’ai vu comment la négligence environnementale se transforme en injustice sociale. Comment les enfants sont privés de leur droit à un air pur, à des jeux sûrs, à un avenir ancré dans la nature. Ce n’est pas seulement une histoire croate. C’est une histoire mondiale.

Quels changements avez-vous observés en matière de migration en Croatie ?

Le paysage migratoire en Croatie change tranquillement, régulièrement et profondément. La Croatie est un pays de transit. Les migrants y passent, souvent exposés à la contrebande et au trafic. Et pourtant, chaque personne est une créature de Dieu, digne d’attention et de compassion.

Chaque dimanche, à la messe, je vois de plus en plus de visages étrangers. Bien que la liturgie soit célébrée en croate, ils viennent quand même. Ils ne parlent pas la langue, mais ils prient avec révérence et espoir. Je constate également à quel point la collaboration au sein de notre communauté a été essentielle pour répondre aux besoins croissants auxquels l’État ne peut pas répondre, ou est trop lent à répondre.

Comment votre communauté réagit-elle à ces défis ?

Nous avons commencé à discuter de la possibilité de célébrer la messe en anglais afin que chacun puisse se sentir véritablement inclus dans la vie spirituelle de notre communauté. Dans mon église, je dirige un programme pour les jeunes. J’espère l’ouvrir également aux jeunes étrangers, afin de les aider à construire une communauté, à cultiver des valeurs et à devenir des personnes bonnes.

Qu’est-ce qui vous a incité à porter ces préoccupations devant l’ONU ?

Mon inspiration vient de François, de son appel à prendre soin de notre maison commune et à traiter toutes les créatures avec dignité et respect.

Ce n’est pas quelque chose que je fais uniquement pour défendre une cause, c’est une façon de vivre l’Évangile qui a à la fois une dimension sociale et environnementale.

Malgré les défis, qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ?

Dans tout cela, je vois une vérité plus profonde. Notre réponse à la migration et à l’injustice environnementale reflète nos valeurs. Et je crois que nous pouvons faire mieux. Nous devons faire mieux.

Quand je vois des migrants prier avec espoir malgré leur incompréhension de la langue, quand je vois des communautés s’organiser pour réclamer un air pur, quand je vois des jeunes désireux de jeter des ponts entre les cultures, je vois le Royaume de Dieu se réaliser.

Comment s’est passée votre expérience de présentation à l’ONU ?

Devant la communauté internationale avec Franciscans International, j’ai porté la voix des sans-voix pour sensibiliser les États à notre responsabilité commune, à notre droit à un environnement propre, sain et durable, et à la dignité de chaque être humain, en particulier des migrants.


Alors que le bilan de la Croatie en matière de droits humains est examiné à l’ONU, la voix de Fr. Benjamin se joint au chœur mondial des franciscains qui œuvrent à la croisée de la justice environnementale et sociale, prouvant que le message de saint François reste aussi urgent aujourd’hui qu’il l’était il y a 800 ans.

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi. 

Le Conseil des droits de l’homme se réunit pour sa 60e session du 8 septembre au 8 octobre 2025. Vous trouverez ci-dessous toutes nos déclarations faites au cours de cette session, dès qu’elles seront disponibles. Nos interventions passées en matière de plaidoyer sont disponibles ici.


Point 4 : Débat général – Mozambique (23 septembre)

La récente recrudescence des attaques insurgées à Cabo Delgado a provoqué le déplacement de 40 000 personnes, qui viennent s’ajouter au demi-million de personnes déplacées à l’intérieur du pays qui continuent d’être victimes de violations généralisées des droits humains. La décision de reprendre les projets de gaz naturel liquéfié dans la région et la priorité accordée à la sécurisation des sites économiques plutôt qu’à la protection des civils ont créé une situation intenable pour ces derniers. Dans une déclaration commune, nous avons exhorté le Conseil à surveiller la situation au Mozambique et à fournir des informations régulières à ce sujet. Nous avons également appelé le gouvernement à garantir l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire, à protéger les civils conformément au droit international et à réglementer les activités des sociétés transnationales opérant dans les zones de conflit.

Déclaration complète (en anglais)

Point 3 : Débat général – Sri Lanka (18 septembre)

Six ans après la mort de son fils lors de l’attentat du dimanche de Pâques à l’hôtel Shangri-La, Surach Nilanga attend toujours que justice soit faite. Dans une déclaration commune au Conseil des droits de l’homme, il a exhorté le gouvernement sri-lankais à faciliter une enquête approfondie, indépendante et rapide afin de garantir la responsabilité et de coopérer avec les initiatives internationales. S’exprimant au nom des autres victimes, il a également appelé à des réparations adéquates et justes pour les familles après une évaluation économique, sociale et psychologique complète.

Déclaration complète (en anglais)

Point 3 : Dialogue interactif sur le rapport du Secrétaire général sur une transition juste (18 septembre)

Franciscans International a salué le rapport du Secrétaire général affirmant que la transition juste est une pierre angulaire du droit international de l’environnement, conformément à l’avis consultatif récent de la Cour internationale de justice. Tout en appréciant l’accent mis par le rapport sur les droits humains, nous avons souligné la nécessité d’une critique systémique plus approfondie et d’une vision de la transformation socio-écologique au-delà du modèle économique actuel qui est à l’origine de la crise climatique.

Déclaration complète (en anglais)

Point 3 : Dialogue interactif avec le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires – Philippines (16 septembre)

Plus d’une décennie après l’adoption de la loi contre les disparitions forcées, sa mise en œuvre reste largement insuffisante. Les auteurs de ces disparitions continuent d’être protégés et les disparus restent introuvables. Sous l’administration actuelle, 54 disparitions forcées ont été documentées, visant principalement des militants et des défenseurs des droits humains. Dans une déclaration commune, nous avons appelé à la mise en œuvre complète et effective de la loi, au soutien des victimes et de leurs familles, et à la fin de l’impunité en demandant des comptes aux acteurs étatiques. 

Déclaration complète (en anglais)

Point 2 : Débat général – Indonésie (10 septembre)

Les récentes manifestations en Indonésie ont été violemment réprimées par les forces de sécurité. La société civile estime qu’il y a eu au moins 3 000 arrestations arbitraires et a documenté un usage inapproprié et excessif de la force, y compris l’utilisation injustifiée de gaz lacrymogènes et d’autres armes moins létales pour le contrôle des foules. Cette réaction reflète une dérive autoritaire plus générale en Indonésie, symbolisée notamment par le projet de loi sur les forces armées indonésiennes. Dans une déclaration commune, nous avons appelé le gouvernement à se conformer aux Principes de base des Nations unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, à enquêter de manière impartiale sur les allégations d’usage excessif de la force et à traduire les auteurs en justice. 

Déclaration complète (en anglais)

Point 2 : Dialogue interactif avec le Haut-Commissaire aux droits de l’homme – Sri Lanka (8 septembre)

Malgré des promesses répétées de rendre des comptes, les rapports critiques concernant les attentats du dimanche de Pâques 2019 ne sont toujours pas rendus publics, ce qui soulève de sérieuses préoccupations en matière de transparence et de justice. Saluant les recommandations du Haut-Commissaire aux droits de l’homme sur la responsabilité au Sri Lanka, nous avons exhorté les autorités à rendre publics les rapports de toutes les commissions d’enquête sur les attentats et à accélérer toutes les procédures judiciaires connexes. 

Déclaration complète (en anglais)

Vignette : UN Photo / Jean-Marc Ferré

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi.