L’engagement franciscain en ces temps troublés : Michele Dunne OSF

Avec les franciscains sur le terrain, on s’est donné pour priorité de lutter pour les droits des migrants partout dans le monde. C’est pour ça que des instances comme le Forum international d’examen des migrations (IMRF), qui analyse et façonne les politiques internationales, sont importantes pour Franciscans International. On utilise ces plateformes pour défendre les droits des migrants, partager des témoignages de terrain et échanger des points de vue avec d’autres militants et des organisations confessionnelles.

Début mai, on a accompagné un groupe de franciscains qui participait à l’IMRF. Michele Dunne, ancienne diplomate américaine et actuelle directrice générale du Franciscan Action Network (FAN), faisait partie du groupe. Après avoir visité l’ONU à New York, elle s’est entretenue avec nous lors d’une interview où elle nous a donné un aperçu de son travail, de son cheminement personnel avec Dieu, et a partagé son point de vue sur la situation politique aux États-Unis.


Merci Michele de nous accorder un peu de ton temps ! En tant que directrice exécutive du FAN, peux-tu nous parler un peu de ton travail et de ce que fait ton réseau ?

Bien sûr ! Le Franciscan Action Network a été fondé en 2008 par des franciscains en tant qu’organisation de défense des droits, afin de faire entendre une voix franciscaine sur les questions d’intérêt public aux États-Unis. On essaie d’aider les franciscains à se mobiliser autour de sujets qui leur tiennent à cœur, comme l’environnement, la paix et le rôle des États-Unis dans sa construction, ainsi que la solidarité avec les personnes marginalisées, notamment les migrants ou celles qui vivent dans la pauvreté.

Avant de rejoindre le FAN, tu travaillais comme diplomate pour les États-Unis. Tu peux nous en dire un peu plus sur ton travail ?

J’ai été diplomate pendant environ 20 ans. Comme mon travail portait principalement sur le Moyen-Orient, je parle couramment l’arabe. En tant que spécialiste de la région, j’ai travaillé sur des sujets comme le conflit israélo-palestinien et les enjeux liés au Printemps arabe. Après avoir quitté le Département d’État, j’ai travaillé pour deux think tanks, dont la Fondation Carnegie pour la paix internationale, qui aide les pays et les institutions à s’attaquer aux problèmes mondiaux les plus complexes.

En 2013, j’ai ressenti un appel personnel à rejoindre l’Ordre franciscain séculier, dans lequel j’ai prononcé mes vœux en 2016. J’ai ressenti un appel très fort à m’exprimer davantage sur la justice et la paix aux États-Unis, et je me suis engagée au sein du FAN en tant que membre. En 2019, j’ai fait un pèlerinage à Assise, qui m’a profondément marquée. Après cette expérience, j’ai senti l’appel de laisser derrière moi mon travail diplomatique pour me consacrer pleinement au Franciscan Action Network, dont je suis devenue directrice générale en 2021.

Que penses-tu de la politique migratoire actuelle ? Quel est ton point de vue sur la politique migratoire aux États-Unis ?

Notre politique migratoire est un désastre, tant pour le monde que pour les États-Unis. On n’arrive pas à se mettre d’accord entre Américains sur les politiques migratoires et on en est progressivement arrivés à un point où le système s’est effondré. 

Aujourd’hui, on assiste à des campagnes d’expulsion catastrophiques. Les personnes qui sont venues aux États-Unis souffrent énormément. La plupart d’entre eux sont venus avec de bonnes intentions, désireux de contribuer à la société et à l’économie. Cette souffrance me fait mal au cœur. Les expulsions et la fermeture des frontières aux migrants auront aussi, c’est certain, des répercussions sur l’économie américaine. C’est un enjeu prioritaire pour le plaidoyer politique au sein de FAN.

Pendant l’IMRF, ça m’a aussi fait mal d’entendre parler d’autres organisations touchées par la politique américaine, notamment des ONG dont les membres du personnel se sont vu refuser leurs visas, ce qui leur a causé des difficultés inutiles.

Quelle est ton impression sur l’ONU ? En quoi le fait d’évoluer au sein de telles institutions diffère-t-il par rapport à des réseaux comme le vôtre ?

Eh bien, le plaidoyer de FAN s’adresse au gouvernement américain et non à l’ONU ou à l’Église. On cible le Congrès et le pouvoir exécutif, y compris les agences américaines. Le plaidoyer aux États-Unis est très différent de celui mené à l’ONU, où l’on aborde les choses d’un point de vue très général.

De son côté, FAN adopte une approche plus ascendante, en identifiant les lois et pratiques à modifier, comme la réduction du financement de l’ICE. Dans notre travail de plaidoyer, l’accent est mis sur le respect de la sécurité et de la dignité humaine des migrants.

J’ai beaucoup appris sur les perspectives internationales concernant les politiques migratoires américaines pendant cette mission, et j’ai hâte de collaborer davantage avec FI pour que nos contributions se complètent. On a déjà organisé des événements conjoints avec FI pour montrer à nos membres la situation mondiale et comment les États-Unis sont perçus au-delà de leurs frontières. 

C’était un plaisir de faire partie de la délégation. Merci pour l’invitation !

Il s’agit d’une traduction automatique. Nous nous excusons pour les erreurs qui auraient pu en résulter. En cas de divergence, la version anglaise fait foi.